Résumé de “Surdoués : s’intégrer et s’épanouir dans le monde du travail” de Cécile Bost : dans ce livre, Cécile Bost développe les challenges et décalages que rencontrent les surdoués dans leurs relations et quotidien au travail. Elle leur apprend comment dépasser les crises pour enfin vivre sereinement leur surdon, et même en faire un véritable atout professionnel.
Par Cécile Bost, 2016, 224 pages.
Chronique et résumé de “Surdoués : s’intégrer et s’épanouir dans le monde du travail” de Cécile Bost
Introduction
L’auteure, Cécile Bost, commence son livre en expliquant à quel point il est capital, pour les surdoués, de mieux se comprendre. Dans cet objectif, elle souligne que deux points essentiels doivent être considérés. le surdon est :
- Une réalité neurophysiologique : ainsi, le surdoué possède un mode de fonctionnement qui lui est propre.
- Un “exhausteur de vie” : non pas un privilège, pas plus qu’un handicap.
Cécile Bost indique ensuite que son livre “Surdoués : s’intégrer et s’épanouir dans le monde du travail” est utile :
- Au surdoué, car il l’aidera à :
- Prendre du recul sur ce qu’il vit, à mieux saisir les mécanismes qui se jouent dans son surdon.
- Accepter ce qu’”être surdoué” signifie.
- Mettre en place des stratégies pour faciliter son quotidien.
- Aux entreprises : il est stratégiquement intéressant, pour elles, de comprendre le mode de fonctionnement singulier des surdoués (attention, il ne s’agit pas de leur accorder un traitement particulier). Cela leur sera utile en termes de rentabilité comme de prévention des risques psychosociaux.
Chapitre 1 – Pourquoi parler des surdoués dans le monde du travail ?
1.1 – Définition du surdon
Avant de tenter de définir ce qu’est le surdon et de nous en décrire les conséquences, l’auteure de “Surdoués : s’intégrer et s’épanouir dans le monde du travail” développe deux points essentiels :
- Le surdon est une réalité neurophysiologique.
Le surdon :
- est inné et reste présent durant toute la vie du surdoué.
- N’est pas un problème en soi, mais peut être source de difficultés : le surdon est plus ou moins bien vécu en fonction des acquis de chacun, de sa stigmatisation ou non pendant l’enfance, etc. ).
- N’est pas absolu : le surdon peut être “modéré” ou “extrême”.
- Il serait “dangereux” de définir le surdoué avec quelques termes académiques ou une liste de caractéristiques “fourre-tout”.
1.2 – Des malentendus tenaces
Beaucoup d’adultes surdoués s’ignorent, car les surdoués sont souvent identifiés à leurs seuls accomplissements. Or, l’auteure nous enseigne ici que ce sont, avant tout, des processus mentaux très spécifiques (intériorisation et ressentis) qui “font” le surdon.
Autrement dit, “ce n’est pas parce que l’on est surdoué que l’on réussit pour autant brillamment dans la vie” (réussite entendue dans le sens de hautes études, bonne insertion dans la société, vie affective épanouie, excellents résultats en général…).
Pour mieux comprendre, Cécile Bost définit une notion incontournable : la différence de synchronisation. Cette différence de synchronisation est le terme utilisé pour parler du décalage que vit le surdoué depuis sa naissance. Il comprend :
- La dyssynchronie : tout petit déjà, le surdoué est en avance sur le plan moteur (marche, langage) ou intellectuel (lecture).
- L’asynchronie : il s’agit du décalage entre maturité intellectuelle et maturité affective (un enfant de 5 ans peut avoir la puissance intellectuelle d’un enfant de 10 ans et les tempêtes émotionnelles d’un enfant de 2 ans). Ce décalage perdure à l’âge adulte et peut s’avérer dévastateur.
“Tous les surdoués ne sont pas des génies, comme tous ne finissent pas drogués et marginalisés, mais tous ressentent, à un moment ou à un autre, qu’ils sont différents…, parce qu’ils le sont vraiment.”
1.3 – Les trois “traits ombrelles” du surdoué
Les nombreuses idées reçues qui existent sur le surdon contribuent au fait que, bien souvent, le surdoué ne s’imagine pas surdoué.
Le problème, c’est qu’il est très difficile de définir le surdon. Car jusqu’à aujourd’hui, il n’a fait l’objet d’aucun consensus.
L’auteure de “Surdoués : s’intégrer et s’épanouir dans le monde du travail” commence alors par faire référence à Mary Elaine Jacobsen, une psychologue américaine, pour tenter une définition.
Selon Mary Elaine Jacobsen, on peut distinguer un surdoué lorsque sont repérés, chez lui, les trois “traits ombrelle” suivants : l’intensité, la complexité et la motivation personnelle.
- L’intensité
Cette intensité crée une différence, chez le surdoué, au niveau quantitatif. Elle se situe essentiellement sur le plan de sa sensibilité physique et émotionnelle.
- Ses atouts : la sensibilité aux autres et l’empathie, un haut degré d’énergie (favorisant productivité, créativité, sentiment d’urgence), la curiosité, des facultés pour relever des challenges et prendre des risques, l’agilité verbale (rapidité, choix des mots, grand sens de l’humour), une grande concentration si le sujet l’intéresse.
- Le revers de médaille : des surréactions, des maladies allergiques, un décalage de ressentis entraînant un sentiment d’étrangeté, une vulnérabilité, des agressions, du rejet, de l’anxiété, une fatigabilité, des émotions négatives (colère, frustration, tristesse), de l’impulsivité…
- La complexité
Cette complexité crée une différence, chez le surdoué, au niveau qualitatif.
- Ses atouts : cette complexité favorise l’intégration et le tri rapide des informations, l’hyperperceptivité, l’intuition, une mémoire exceptionnelle, une grande faculté d’adaptation et de polyvalence. Finalement, elle crée une personnalité originale, capable de proposer des solutions créatives et visionnaires dans des situations complexes.
- Le revers de médaille : ce besoin permanent de challenge est source d’intransigeance, d’éparpillement. Par ailleurs, le fond est préféré à la forme, au risque d’une incompréhension de certaines réalités. Elle peut donc être à l’origine d’anxiété, d’une personnalité plus exposée au bore out, au rejet social, à une forme de dépression existentielle, à un grand besoin de justice mêlé à un sentiment de culpabilité.
- La motivation personnelle
Selon Cécile Bost, le surdoué possède “une forme d’énergie […] qui pousse de l’intérieur et ronge de culpabilité quand on sent que l’on n’est pas à la hauteur de ses propres exigences”.
- Ses atouts : de la persévérance et un perfectionnisme qui porte à l’excellence, la curiosité, l’esprit d’innovation, le besoin de transmission, l’indépendance.
- Le revers de la médaille : une impossibilité de s’arrêter qui ronge le surdoué et ne lui laisse aucun repos (“besoin de faire toujours plus, plus loin, mieux”), le risque de se déconnecter de certaines réalités, des autres, le sentiment d’insatisfaction permanent, l’auto-critique, le doute, un manque de confiance en lui, une exigence qui rend quasiment impossible le lâcher-prise, l’erreur, qui génère une frustration parfois jusqu’au burn out.
1.4 – Une construction identitaire parfois difficile
L’auteure de “Surdoués : s’intégrer et s’épanouir dans le monde du travail” indique que le fait d’être surdoué “n’est pas un trait de caractère, ni même un trait de personnalité”. À ce sujet, elle énonce trois idées principales.
- Le surdon interagit avec l’environnement : le surdoué qui s’adapte positivement saura, adulte, faire face aux événements de manière saine. Ce ne sera pas forcément le cas de celui qui a manqué de stratégies ou a adopté des stratégies inadaptées.
Pour illustrer son propos, Cécile Bost cite ici les travaux de Terman qui ont mis en évidence deux grands groupes de stratégie d’adaptation :
- Les intégrés/ conformistes, nés dans des familles aisées : leur surdon est intégré et utilisé au mieux (études supérieures, parcours sans heurt, voire prestigieux, entourage qui leur ressemble…)
- Les marginaux, nés dans des familles d’origine modeste ou défavorisées : plus en mode survie, ces derniers évoluent dans un milieu qui ne les nourrit pas intellectuellement : leur environnement ne leur permet pas de partager leur appétit intellectuel. “On les ressent “bancals”, il leur manque quelque chose” nous dit l’auteure (faibles possibilités d’évolution sociale et professionnelle, peu de diplômes).
L’auteure indique qu’un troisième groupe peut être rajouté (selon les travaux de Grady Towers) : les “laissés-pour-compte”. Ces derniers concernent ces “enfants prodiges” qui, exploités pour leur talents par une famille en mal de reconnaissance, finissent par se révolter ou s’éteindre d’eux-mêmes.
- L’intelligence seule ne présage pas forcément d’un succès à l’âge adulte.
Le psychologue Françoys Gagné souligne qu’au-delà de l’intelligence, entrent, en effet, en considération dans le succès futur d’un enfant :
- Son environnement matériel et social,
- Son environnement affectif et son histoire traumatique,
- Le facteur chance.
- Selon la stratégie sociale, l’attitude et les compétences développées au cours de leur vie, les surdoués adoptent différents comportements.
Cécile Bost se base sur les travaux de Mary Elaine Jacobsen pour décrire trois différents types de comportement.
Le surdoué peut avoir un comportement :
- “Équilibré” ⇒ celui-ci a su développer charisme, relations chaleureuses, créativité et confiance en soi qui lui permettent beaucoup d’accomplissements.
- “Exagéré” ⇒ celui-ci dissimule ses angoisses et son inadaptation sociale par la manipulation ou derrière un masque.
- “Effondré” ⇒ celui-ci est décrit comme excessivement passif, râleur, aigri, pessimiste, négatif et renfermé.
1.5 – Une estime de soi à géométrie très variable et une place difficile à trouver
Selon Cécile Bost, l’estime de soi est souvent ce qui fait la différence entre “un surdoué sous-performant et un surdoué qui se réalise à la hauteur de son potentiel”.
Le problème, c’est que dans notre société, standardisation et pensée unique priment. Ainsi, cela ne favorise pas l’estime de soi du surdoué :
“La singularité surprend et dérange […] l’indépendance d’esprit heurte. Certains surdoués grandissent alors avec le sentiment envahissant d’être perçus comme excessifs, comme étant toujours “trop” par rapport à une “norme” définie par les habitudes du groupe dominant.”
Bien souvent, la personne surdouée ne comprend pas pourquoi elle ne parvient pas à entrer dans la norme. Elle se voit alors anormale (“vision pathologisée de ce qui est simplement hors norme”, précise l’auteure).
“Dans la grande majorité des cas, persuadé que tout le monde peut faire la même chose que ce qu’il fait si naturellement, un surdoué ne voit rien de hors norme chez lui. En revanche, conscient de ses lacunes, il est toujours très admiratif de ce que les autres savent faire et que lui ignore.”
Il est primordial que le surdoué réalise ce qui fait sa différence pour ne plus croire que tout le monde fonctionne comme lui et cesser de culpabiliser de se sentir si différent des autres.
1.6 – Le surdon n’est pas une vue de l’esprit

“Être surdoué n’est vraiment pas une vue de l’esprit. C’est un ensemble de mécanismes neurophysiologiques qui conduisent à un certain mode de fonctionnement, plus ou moins marqué.”